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"Il faut parfois faire preuve de désobéissance citoyenne lorsque c'est nécessaire"

jean-pierre douilliez

Occupation
Location
Interests
divorcé, deux enfants
October 31

une réflexion sur le travail social

 

Introduction :


Je souhaiterais par avance m’excuser, auprès du lecteur tout d’abord, pour les approximations théoriques que ce récit contient, et qui parfois pourront l’induire en erreur. Ceci est néanmoins volontaire de ma part : par souci de liberté de penser, d’écrire, et sans doute aussi par paresse, j’ai souhaité « zapper » l’étude des concepts, des théories auxquels je me réfère de manière involontaire dans ce récit.


Il faut savoir qu’il est bourré sans doute d’ apriori, allant parfois même je crois, jusqu’au jugement de valeur (sans mauvais jeu de mot : vous en jugerez vous-même !).

Ce que je décris donc ne tient qu’à moi, et n’engage que moi, je n’ai aucune prétention de dire que je détiens ne serait ce qu’une partie de vérité.


Ensuite je souhaiterais également m’excuser mais également remercier toutes les personnes que j’ai rencontré et que je rencontre encore dans ce merveilleux métier (même si mon récit ne le laisse pas forcément transparaître comme vous le lirez plus tard) qu’est celui d’éducateur spécialisé et plus largement celui de travailleur social.


Ils m’ont apporté énormément, m’ont fait comprendre bien des choses, et beaucoup de mes propos seront tirés ou inspirés des échanges que j’ai pu faire avec eux. Je m’excuse donc par avance pour leurs propos très pertinents que je déforme et dénature en les croisant avec mon propre regard du travail social.

Ce récit n’est qu’un « regard » donc, durant une période de la vie d’un simple éducateur sur le petit monde du travail social qui l’entoure. Bonne lecture.


Premier soir d’écriture :


Voilà un mois et demi que j’ai commencé ce boulot, soulagé ! Ca faisait 10 mois environ que je cherchais un taf…..enfin j’ai décroché un CDI…..rare sésame d’une époque où la précarité n’a jamais été aussi forte, où la paupérisation est grandissante, les contrats précaires se multiplient, les français font les poubelles pour pouvoir survivre, les étudiantes se livrent à la prostitution pour pouvoir manger durant leurs études Dans le même temps, les patrons du CAC40 s’octroient une augmentation de salaire de 58% en moyenne en 2008, drôle d’époque. Bienvenue dans le capitalisme archi dérégulé.


10 mois sans taf donc, un vrai petit cauchemar…j’étais arrivé à un stade où mon estime de soi commençait à prendre un sérieux coup dans le casque… j’ai vu « l’exclusion » de l’intérieur et croyez moi c’est pas beau à voir ! L’ANPE et ses offres bidons, ou déjà pourvues alors que vous répondiez le jour même de sa parution. La confiance de la famille qui s’étiole au fil des mois et qui devient soupçonneuse à votre égard, et qui sans jamais le dire vous donne l’impression d’être un glandeur, de ne pas faire le maximum pour s’en sortir. La motivation et l’estime de soi qui s’en va au fil des mois, l’impression de n’être plus rien, plus aucune reconnaissance, rien, le néant, nada. L’envie de se suicider, l’évasion dans un autre monde, qu’est celui des MMORPG (Jeux vidéos en ligne), lieux où l’on peut avoir un semblant d’existence.


Pour tout vous dire, je suis bien conscient que je n’ai vu qu’une infime partie de l’iceberg de l’exclusion, du mécanisme de la « disqualification sociale » comme dirait ce cher Serge Paugam. J’ai pu le goûter le début de ce mécanisme et je peux vous dire qu’il laisse un goût amer de vieux fer rouillé dans la bouche (si tant est qu’on peut imaginer un tel goût !). Sentiment de colère, de haine envers cette société consumériste qui vous fait bien comprendre que sans fric on est rien, sans apparat social, on est rien.


Cette expérience je la « positive » si on peut dire, je l’ai prise comme une expérience me permettant « d’augmenter » mes capacités empathiques envers les gens en situation d’exclusion que je côtoie. Heureusement j’ai pu m’appuyer, j’ai eu des tuteurs de résilience cher à notre Boris Cyrulnik qui définit si bien ce concept. J’ai vécu cette expérience comme « traumatisante » même si cela n’est en rien comparable à ce que je peux rencontrer chaque jour à mon boulot chez les jeunes gens dont je tente de m’occuper.


L’envie d’écrire cette expérience ne date pas de maintenant, elle a mûri tout au long de ma carrière de travailleur social, elle ne s’est révélée que durant ma formation d’éducateur spécialisé et de la rédaction de mon mémoire. L’écriture comme exutoire, l’écriture comme libératrice d’un malaise, d’un sentiment d’impuissance en tant que travailleur social. L’écriture, outil quotidien du domaine social et source ambivalente de contrainte et de pertinence.


Je travaille comme éducateur spécialisé dans un accueil de jour pour des personnes ayant comme point commun d’être à la rue et âgées de 18 à 25 ans. Rien de bien original donc, c’est plutôt sur la forme de ce récit que je vais tenter de l’être, en écrivant par séquence temporelle (les soirs d’écriture) et non pas par chapitre ou par date comme pourrait l’être un livre au découpage classique ou un journal intime.


Un public présentant toutes sortes de problématiques donc, allant de la rupture familiale, en passant par la conduite addictive à un ou plusieurs produits (shit, héro, coke, alcool, ecstasy), et plus rarement mais qui se développe de plus en plus : la dépendance aux jeux d’argent. Troubles neurologiques, du comportement, conduites violentes et « déviantes » sont au rendez-vous de ce cocktail explosif où souvent toutes ces problématiques se croisent dans et entre les personnes. Exclus de la société, du travail et du sexe (la sexclusion est un terme que j’emprunterais, vu sur un site internet), leur traumatisme est permanent et dure 24h sur 24, 7 jours sur 7 et 365 jours par an. Pas de congé payé, de RTT, ou de vacances pour le métier d’exclu dont le CV est souvent rempli d’un parcours scolaire inachevé n’allant guère plus loin que la 3ème, de formations bidons, n’ayant aucun intérêt pour la personne, et peu porteur d’emploi, qui au mieux débouche sur des contrats précaires ne permettant même pas d’accéder à un logement décent, et existant juste pour tronquer les chiffres du chômage et au pire ne débouchant sur rien.


Nous trouvons là un public en errance, qui vit un cauchemar permanent, passant de foyer en foyer, suivant un circuit presque définit à l’avance dont on sait pour la plupart que cela débouchera à revenir au point de départ : la rue (merci à ce cher Patrick Declerk qui décrit cela merveilleusement dans « les naufragés »). Public qui, à force de « mal » se comporter, se fait « griller » de partout et ne peut plus aller nulle part, même en passant par le 115.


La seule issue consiste parfois à quitter la région et d’aller vivre son exclusion ailleurs, ou encore de se « suicider» à petit feu dans la rue.

Cette rue qui tue, qui tue socialement, qui tue physiquement, qui tue psychiquement, à une vitesse insoupçonnée. Il suffit parfois de quelques jours pour obtenir un point de non retour, c’est l’engrenage infernal, fatal, c’est le cauchemar sans fin.


Cette description est j’en suis bien conscient très noire et tout à fait subjective de ma part, c’est une vision déformée par ma propre expérience et mon ressenti. Vous devez vous dire : «encore un travailleur social désabusé, qui a perdu la foi, qui est victime d’un « burn out », arrivé au bout de sa carrière professionnelle ». Détrompez vous ! Je n’en suis pas encore arrivé là, du moins j’ose l’espérer !


Deuxième soir d’écriture :


Beaucoup de choses à dire depuis le premier soir d’écriture, les idées se mélangent dans ma tête, enchevêtrées les unes dans les autres. Impressions multiples, sensations d’être un pion dans un Système sclérosé et devenu d’avantage vecteur d’exclusion que d’insertion, une véritable usine à fabriquer des exclus. Ce sentiment ne date pas d’aujourd’hui, il a grandi en moi au fil des années, petit à petit, s’insinuant dans mes pensées. Paradoxalement cela ne m’a pas découragé, mais plutôt donné encore d’avantage « d’énergie pour me battre » pour les plus démunis, les plus exclus de notre cher Système.


Pris dans une espèce de théâtre géant, où tout le monde joue un rôle dans une pièce sans fin ni entracte, et s’efforce de rentrer dans « des cases », histoire de faire illusion : pour les personnes en situation d’exclusion, il s’agit de convaincre le travailleur social qu’il est un « bon » pauvre, et qu’il est digne d’être aidé, pour le travailleur social, il s’agit de pouvoir « chiffrer » son action, afin de justifier son travail, comme si on pouvait chiffrer du travail avec des êtres humains, comme si on pouvait quantifier un travail basé sur les relations humaines. Il joue le rôle du « bon » exécutant.

Chiffres qui servent à justifier son travail pour la direction, qui lui permet elle-même de se justifier des financeurs dépendant eux même des politiques sociales, elle joue aussi le rôle d’un espèce de « bon » exécutant vis-à-vis du Système.


Le travailleur social devient schizophrénique, je fais un travail où ma mission principale est de réinsérer des « exclusagers » dans un Système qui les fabriquent depuis des années.

Une vérité est que les « exclusagers » ont un double rôle dans le Système, de manière générale, ils sont sources de garde fou envers lui : Regardez ce que vous pouvez devenir si vous ne vous soumettez pas au Système ! De manière plus particulière : sans eux, pas de travail, pour nous autres spécialistes de l’exclusion, ils nous nourrissent de leurs malheurs !


Comment insérer des gens dans ce Système qu’on ne cautionne pas, qu’on perçoit comme étant bancal, pervers, violent, sans pitié envers les plus faibles ?

La première réponse qui me vient à l’esprit : faut faire avec ! On manipule le Système qui lui-même nous manipule, on le contourne, on le gruge, on fait comme si…. même si ce n’est pas la réalité. Parfois ça marche, parfois ça nous retombe dessus. On s’essaie de tenir les gens « la tête hors de l’eau », on essaie qu’ils ne franchissent pas le point de non retour, où quoi qu’on fasse, ils ne s’en sortiront pas. On fait avec les moyens du bord, on donne le change, on argumente, on écrit, on justifie, on accompagne, on s’épuise même parfois avec les « exclusagers ». Peu importe essayons, encore et encore !


La deuxième est de dire : Osons ! Comme disait Jean Pierre Elkabach à une certaine époque des Guignols de l’infos. Osons sortir des carcans actuels, explorons, élaborons des dispositifs, enfin bref, réfléchissons, pensons. Penser est encore la seule chose qui nous reste afin de garder notre motivation et notre pertinence. Donnons le change au Système jusqu’à le faire vaciller, jusqu’à ce qu’il devienne meilleur et juste.


Le travail social est comme le mythe de Sysiphe, il arrive tous les jours de nouvelles situations, à la fois si différentes et si semblables. Les travailleurs sociaux et les « exclusagers » ne font que passer dans des institutions, elles existaient avant, elles existent pendant, et elles existeront après….pour les plus fortes d’entre elles. Celles qui manipulent le mieux le Système, les plus solides du « marché » persisteront, les autres disparaîtront comme disparaissent des magasins faute de clients.


D’ailleurs, le travail social se « clientèlise », on est entré dans une ère de logique de chiffres, une logique de rendement, une logique de « marché ». Drôle d’époque où certains dirigeants de ces institutions sont blindés de diplômes de commerce sans aucune connaissance du travail social. Cela parait improbable, mais c’est pourtant parfois la réalité. Le travail social doit devenir rentable, il doit offrir des résultats dont on sait l’importance de leur culture actuellement. Il me semble qu’il devrait se doter d’une obligation de moyen et non pas d’une obligation de résultat.


Attention, cela ne veut pas dire que je cautionne le fait de ne pas avoir de compte à rendre que ce soit à une direction ou aux « exclusagers » bien au contraire, cela me semble plus que nécessaire pour éviter certaines dérives. Je dis juste qu’il paraît étrange que « le chiffre » et les statistiques prennent le pas sur les relations humaines qui par essence ne sont pas quantifiables.

Troisième soir d’écriture :


Beaucoup d’échanges riches depuis la dernière fois que je me suis penché sur ce travail d’écriture. « Vous autres travailleurs sociaux, actuellement, les directions vous kiffent, syndiquez vous et 24h après vous z’êtes dans le bureau du chef pour vous expliquer », voilà une des phrases que j’ai entendu depuis la dernière fois, elle a été pour moi une révélation. Celle-ci n’a pas été prononcée par un syndicaliste comme on pourrait s’y attendre, mais par une personne qui se forme pour être directeur de structure. Cette phrase étonnante sortant de la bouche d’un futur dirigeant m’a laissé pantois. Que signifie t’elle ? je vais m’essayer à une analyse :


Nous autres, travailleurs sociaux, sommes en réalité soumis comme tout un chacun au Système actuel qui à mon sens n’est influencé que par une chose : la jouissance et notamment la jouissance individuel qui passe irrémédiablement par ce médium auquel nous sommes tous soumis : l’argent.


Un Système donc qui ne prône la réussite qu’à travers l’individu et sa capacité à amasser l’argent qui lui permet d’accéder à son épanouissement personnel. Peu importe le moyen d’y arriver (il suffit d’observer les millions qu’amassent impunément certaines personnes de manière douteuse et qui ne sont jamais inquiétées), c’est la seule valeur que retient actuellement ce Système et qui permet de fixer l’échelle sociale à laquelle les gens semblent si attachées.


Vous me direz : « mais il existent bien des projets collectifs, des activités qui se font à plusieurs ». Si on y réfléchit un peu, on s’aperçoit que la plupart de ces projets ne visent qu’une chose : la jouissance individuelle au travers du collectif (pensez aux gens qui se réunissent autour de telle ou telle passions). La seule chose qui me semble intéressante est la création de liens qui peuvent se créer entre les personnes autour de ça.


Le travailleur social lui aussi propose souvent ce genre de projets collectifs aux travers d’activités sportives, culturelles. Mais que propose-t-il vraiment pour faire évoluer ce système que je décris comme bancal un peu plus haut ? à mon sens : Rien. Au mieux il propose d’établir du lien, un nouveau type de relation dirais je, avec la personne, mais cela ne va guère plus loin. L’individuel reste au cœur du Système, seulement voilà, un individu tout seul n’arrivera jamais à faire devenir ce Système meilleur et plus juste.


Seule la véritable action collective au sens politique du terme pourrait peut être y parvenir,et encore quand elle n’est pas « étouffée dans l’œuf » aux premiers signes de perturbations qui pourrait nuire au Système (observez un peu l’attitude des médias dès qu’il y a des mouvements sociaux : l’accent est bien souvent mis sur la gêne occasionnée plutôt que sur les causes de ces mouvements).


Le fait que la plupart des personnes travaillant dans le social ne se donnent pas les moyens (le syndicalisme en est un à mon sens) d’agir véritablement de manière collective (c’est assez étrange de dire cela, alors que la notion d’équipe dans le travail social n’a de cesse d’être mis en avant) signifie à mon sens une chose : le Système a encore de beau jour devant lui avant ne serait ce que de vaciller un peu.


Je pense que cet état de fait est lié à la crainte qu’engendre le Système de ne plus y être, de s’y retrouver soi même « exclus » (je repense à la courte période de chômage que j’ai connu en disant cela). Chacun reste sur ses positions, et « bouge » le moins possible afin de conserver ce qui lui a été « offert » par celui-ci. Cela expliquerait même, les difficultés que nous éprouvons à faire évoluer la situation de certaines personnes de manière « favorable ».


Quatrième soir d’écriture :


Encore pas mal d’idées qui me viennent et qui se mélangent les unes aux autres, je vais tenter d’en faire le tri :


Mes différentes lectures apportent de « l’eau à mon moulin » et cela nourrit quelques réflexions.


Declerck, dans son bouquin « le sang nouveau est arrivé : L’horreur SDF » expose une idée intéressante, cela dit je trouve qu’il ne va pas encore assez loin. Il évoque un dispositif qu’il intitule le RME (revenu minimum d’existence) qui consisterait à garantir aux personnes les plus démunis un minimum vital sans avoir à se justifier, ou à leur faire subir une quelconque pression de la part du système.

Evidemment, rien qu’à l’évocation d’un tel dispositif, on entend déjà les conspuassions de certaines têtes « bien pensante » de ce Système. J’irais encore plus loin dans la provocation, en appelant ce RME, non pas Revenu Minimum d’Existence, mais Revenu Minimum d’Excuse.


En effet, Excuse, car c’est notre cher Système qui crée cette exclusion et toute cette frange de la population laissée sur le côté de la route et auquel on laisse des miettes. Une excuse pour demander pardon aux personnes qui sont rejetées d’un Système qui ne leur laissent qu’une infime chance de s’y intégrer vraiment. Une excuse de leur gâcher une existence entière, à souffrir de la naissance à la mort.


En lisant Maurice Berger et son livre sur « l’échec de la protection de l’enfance », j’ai compris plusieurs choses :


La représentation du Système et notamment du dispositif judiciaire sur la famille est beaucoup trop figée. Cela fausse la manière d’envisager la protection de l’enfance, et du coup cela participe grandement à la « fabrique » des exclus. Je constate sur mon lieu de travail qu’une large partie du public que je reçois a connu un moment ou à un autre l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance).


Les dispositifs mis en place à l’heure actuelle pour la protection de l’enfance sont inefficaces, et la réussite d’un placement est très aléatoire, ne tenant qu’à une cohérence «inopinée » de la prise en charge de la personne concernée.


Ces dispositifs tout comme dans le domaine de l’exclusion, ne sont choisit qu’en terme du minimum du coût. A la longue, ces dispositifs sont en fait bien plus coûteux en terme de retombées et d’efficacité. Et là-dessus, je rejoins Maurice Berger, il faudrait envisager des dispositifs ne se souciant guère du coût, mais privilégierais d’avantage la pertinence et la cohérence sur du long terme.


Ce qu’il faut exclure, c’est le Système lui-même ! Il faut en finir avec lui, le pousser dans ses derniers retranchements, pour qu’enfin, l’exclusion ne soit plus irrémédiable, inéluctable. Je crois que les travailleurs sociaux se doivent d’être des agitateurs, des remueurs de merde, et de pointer les incohérences du Système. Le nœud du problème est comme je l’explique plus haut, que les travailleurs sociaux font partie eux-mêmes du « bon côté » du Système, ce qui voudrait dire, qu’il faudrait qu’ils s’excluent eux-mêmes en souhaitant l’exclusion du Système. Je ne pense pas qu’ils soient prêts à cela. La prise de risque est pour la majorité d’entre eux, beaucoup trop grande.


Cinquième soir d’écriture :


Que dire depuis la dernière fois ? Tellement de choses à exprimer, comme d’habitude, il va falloir faire le tri…..j’ai peur d’oublier certaines idées qui me trottent dans la tête, mais tant pis, on va faire avec :


Ça va faire 4 mois que j’ai pris mon poste, la période d’essai est donc finie, plus rien à craindre pour celui-ci. A moins de faire une grosse connerie, je fais donc officiellement partie du « bon » côté du Système, quelle bonne nouvelle n’est-ce pas ?


J’ai la chance de travailler dans une équipe cohérente, le boulot est fait, dans une ambiance décontractée voire hilare. De l’extérieur (et même parfois de l’intérieur) cela peut paraître indécent, ou choquant de savoir ça, mais l’humour nous aide énormément à supporter, à prendre du recul vis à vis des situations toutes plus dramatiques et folles les unes que les autres que nous rencontrons tous les jours.


L’humour peut en effet être un outil éducatif et thérapeutique merveilleux, même s’il peut être un peu à double tranchant dans certaines circonstances : il faut savoir le manipuler. Il nous permet surtout de tenir le coup notamment lorsque nous nous moquons gentiment de nous même ou des exclusagers (qui nous le rende bien souvent d’ailleurs, mais que nous prenons avec humour, naturellement). Sans lui je pense que notre « espérance de vie » en tant que travailleurs sociaux serait bien plus courte. C’est un « élixir de jeunesse », il évite le burn out professionnel.


En parlant de Burn Out, on dirait bien que nous assistons impuissant à celui de ce cher Système, dont les places boursières n’en finissent plus de dégringoler, dont les grands argentiers commencent sérieusement à s’inquiéter. Les politiques s’agitent dans tout les sens et martèlent qu’il faut le sauver et brandissent des milliards qui ne sortent de je ne sais où au profit des banques en faillites, alors qu’on ne les sort pas pour endiguer la famine dans le monde par exemple (alors qu’il en faudrait beaucoup moins au demeurant). « le système marche sur la tête » dixit Xavier Bertrand, un Sarkozyste convaincu !, mais où va le monde si même un des plus fervent défenseur d’un des symboles le plus représentatif du système (Sarkozy), se met à tenir ce genre de propos…. Le malaise est très profond, et il se peut que nous assistions bientôt à la mort en directe (à la télévision bien sûr, ça risque de faire l’audimat. C’est con, les pubs vaudront peau de zob, plus personne pourra acheter quoi que ce soit) de ce système.


Le plus terrible dans tout cela, c’est qu’encore une fois, ce sont les plus fragiles, les plus faibles qui vont trinquer, et d’ailleurs pas que ceux là… même notre cher banquier en costard cravate va peut être se retrouver sous les ponts (tiens, le miens, ça me ferait plaisir de le voir débarquer dans mon bureau d’ailleurs, ce serait drôle), même nous autres, les travailleurs sociaux risquons de ne pas être épargnés


Le Système s’effondre tout seul, il s’écroule de l’intérieur, le cœur du système qu’est le dispositif boursier se casse la gueule…Finalement, un peu plus haut je parlais de la nécessité d’exclure le Système… il risque bien de s’exclure tout seul… pour tendre vers quoi ? Seul l’avenir nous le dira. A suivre…


Sixième soir d'écriture :


Il y a quelques semaines, j'ai eu l'occasion de rencontrer un étudiant journaliste Zaïrois. Dans le cadre de ses études, il enquêtait sur les dispositifs sociaux français. Un entretien d'une demi heure environ qui a mis en lumière le décalage entre l'idéalisation du système français par les peuples africains et la réalité du terrain.


Cette rencontre a également été l'occasion de lui expliquer les griefs que nous autres travailleurs sociaux avions en général vis à vis des médias.

Declerck exprime bien cela, « le SDF mort de froid l'hiver possède un je ne sais quoi de goût exotique par rapport au public » « à noël on nous sert toujours le reportage du SDF qui va dormir au foyer , et accueilli généreusement par de gentils bénévoles qui lui offre un festin (pas trop cher quand même faut pas déconner) digne de ce nom. ».


je vais reprendre la thématique de Declerck : et l'été alors???, les SDF ils ont le droit de crever de froid et de faim, c'est pas vendeur, ça fait pas d'audimat. Tout le monde s'en fout, on le tolère. Mais quand il y a le froid (aux alentours de zéro), là déjà c'est moins acceptable, scandaleux, donc ça fait dans le « sensationnel », on s'y intéresse.


Tiens en fait voilà un argument de Declerck qui « tue » (mauvais jeu de mot totalement volontaire) :

Saviez vous qu'on peut mourir d'hypothermie à partir d'une température extérieure inférieure à 16°c?. Vous connaissez beaucoup de nuits dans l'année où il fait plus de 16°c (à part peu être dans le sud de la France)? Pas beaucoup? Bah, moi non plus !


Tiens encore France 3 et une école de journalisme qui nous ont contactés aujourd'hui (31 octobre 2008) pour parler des « SDF » (qu'on a gentiment envoyé chier). Qu'ils aillent également faire le 115, eux aussi sont SDF: « Sans Déontologie Fixe ».


C'était mon coup de gueule du jour.


A suivre..... (modifications au fur et à mesure de la rédaction ;op )

 

 

September 19

je suis de retour !

 Voilà, après plusieurs semaines d'absence (j'ai eu un emploi du temps bien chargé lol), j'ai un peu de temps pour m'occuper de nouveau de ce blog crée a l'occasion de l'élection de nicolas sarkozy et de mon adhésion au mouvement démocrate (tiens d'ailleurs j'ai enfin reçu ma carte d'adhérent hier ^^)
 
le forum de seignosse a donc eu lieu il y a quelques jours et je regrette bien de ne pas avoir pu y participer, j'ai vu quelques photos et écouter les discours de FB.... Ce mouvement n'en est qu'au début et nous avons assisté a la naissance officiel de ce mouvement apparu au lendemain du 6 mai.....
 
il y a encore beaucoup de travail à faire, mais j'ai envie de dire : COURAGE ! ami démocrate, retroussons nos manches et faisons de ce mouvement l'une des plus belles choses qui soit arrivée à la France !!!
 
Démocratiquement votre
 
J-P
 
 
July 04

de retour

j'ai beaucoup été pris par le taf en ce moment, je ne pouvais plus trop m'occuper de mon blog, mais voilà je suis de retour et je vais pouvoir m'y ateler de nouveau.....ce temps a ma foi permis que je prenne un peu de recul avec les élections présidentielle et législative pour laquelle d'ailleur je me suis pas mal investi (réunions, distribution de tract etc.......)
 
ben voilà, plutot une bonne nouvelle, la vague bleue n'a pas eu lieu, même si ils ont gagné, ce n'est pas la victoire écrasante que l'on attendait... que penser de tout ça et de ce que va faire le gouvernement, je ne sais trop quoi penser, meme si je sais qu'au fond de moi je m'attend au pire, il va falloir etre sur nos gardes, et plus particulièrement cet été qui va être l'occasion pour le gouvernement de faire voter quelques unes de ses réformes les plus "indigestes" (l'université etc....je ne les ai plus trop en tête mais bon ^^), je suis très sceptique quand à ce qu'il va se passer pour la suite, j'attend et j'observe, et si il conviendra d'agir, j'espère que moi même ainsi que les sympathisant et les adhérents du MD pourront porter haut et fort leurs mécontentement...........
 
June 06

petits mensonges entre ennemis.....

La France peut supporter la vérité. Dans ce livre publié en octobre dernier, François Fillon affirme avec force une exigence de vérité comme préalable à toute réforme conséquente de notre système social. Comme beaucoup, nous partageons ce goût de la vérité.
Voilà pourquoi nous sommes particulièrement choqués des mensonges accumulés par M. Fillon depuis quelques semaines. Ces mensonges concernent tant le bilan de l’UMP, au pouvoir depuis cinq ans, que le projet que François Fillon propose aux Français.

M. Fillon se présente toujours comme l’homme-qui-a-réussi-la-réforme-des retraites. Est-ce bien vrai? L’objectif principal de la réforme Fillon était d’allonger la durée de cotisation des salariés. Quatre ans après le vote de la loi, une étude de la Caisse nationale d’assurance vieillesse montre que jamais on n’est parti aussi tôt en retraite! Alors que les salariés partaient en moyenne à 62,1 ans en 2001, l’âge moyen de départ s’est abaissé à moins de 61 ans en 2006. Une évolution diamétralement opposée à l’objectif de la réforme. Par peur des réformes annoncées pour 2008, un très grand nombre de salariés partent en retraite dès qu’ils ont 60 ans, quitte à subir une décote s’ils n’ont pas cotisé suffisamment longtemps.

Les caisses de retraite, qui étaient à l’équilibre en 2002 et devaient le rester jusqu’en 2008, ont déjà accumulé un déficit supérieur à 7 milliards d’euros! Certains parlent d’échec; d’autres, de fiasco. Mais François Fillon se présente toujours comme l’homme-qui-a-réussi-la-réforme-des-retraites…

De deux choses l’une: soit François Fillon se désintéresse complètement de l’avenir des retraites, soit il connaît le bilan fait par la Cnav et il ment comme un arracheur de dents. François Fillon ment aussi quand il affirme que les chiffres du chômage sont «les meilleurs depuis 1983» ( les Echos du 30avril). Qui peut y croire? Quand le gouvernement fait le bilan des créations d’emplois, il fait feu de tout bois: CDD, temps partiel, CES, CEC, CNE, intérimet emplois aidés sont tous pris en compte pour enjoliver les résultats.

Par contre, quand François Fillon et Jean-Louis Borloo parlent du chômage, ils ne s’intéressent qu’aux chômeurs cherchant un CDI à plein-temps. Tous ceux qui cherchent (ou acceptent) un temps partiel, une mission d’intérim ou un CDD sont oubliés. Et le Premier ministre oublie aussi les 413 000 chômeurs de plus de 55 ans, dispensés d’ANPE! En réalité, il reste 3 700 000 chômeurs et 1 250 000 RMistes (+ 200 000 en trois ans). Depuis cinq ans que l’UMP est au pouvoir, malgré l’impact de la «réforme» des retraites (500 000 actifs qui quittent «prématurément» le marché du travail), le total «chômeurs + RMistes» n’a pas du tout diminué. Affirmer que «les chiffres du chômage sont les meilleurs depuis1983» , alors qu’Eurostat vient de demander publiquement à laFrance de réviser en hausse les chiffres du chômage, c’est faire preuve d’une dose de cynisme assez colossale.

Hélas, les chiffres du chômage ne sont pas les seuls à donner une image tronquée de la réalité. Jean-Louis Borloo explique à qui veut l’entendre que grâce à lui quelque 200 000 emplois de service ont été créés en deux ans! Il oublie de dire que les personnes embauchées dans ces emplois travaillent en moyenne 15 heures par semaine (les Echos du 29 décembre 2006). De même, le bilan 2006 du secteur de l’intérim nous apprend que l’intérim emploie quelque 2 millions de personnes qui travaillent «à mi temps, en moyenne, sur l’année». Nicolas Sarkozy critique encore et toujours la réduction du temps de travail et promet «le plein-emploi à plein temps», mais l’essentiel des emplois créés ces dernières années sont, en moyenne, à 15 ou 18 heures par semaine… Aux Etats-Unis, le modèle de «plein-emploi» de Nicolas Sarkozy, il y a tellement de petits boulots que la durée moyenne du travail, sans compter les chômeurs, est tombée à 33,7 heures (source: Department of Labor). Au Japon, «un tiers des salariés a un emploi à temps partiel ou un emploi temporaire. Le mois dernier, les entreprises ont proposé deux fois plus d’emplois à temps partiel que de temps plein» (AFP). En réalité, vu les gains de productivité absolument colossaux réalisés depuis trente ans dans toutes nos économies, le débat n’est pas pour ou contre la RTT, mais plutôt quelle RTT, quel partage du travail, quel partage des revenus ? Partage précarité, ou partage égalité ? La France peut supporter la vérité, affirmait François Fillon en octobre dernier. Alors pourquoi mentir sur la réforme des retraites?

Pourquoi mentir sur les chiffres du chômage? Pourquoi mentir en promettant «le plein-emploi à temps plein pour dans cinq ans» alors que toutes les mesures en préparation ne pourront qu’aggraver la précarité? Les dégâts du libéralisme sont tels qu’il ne peut prospérer qu’en avançant masqué. Si l’on fait la lumière sur le vrai bilan de l’UMP et sur la réalité de son projet (une analyse plus complète et des propositions alternatives sur UrgenceSociale.fr), il est très peu probable que les Français voudront lui confier tous les pouvoirs.

Il y a quelques jours, le parquet a requis une amende de 4,8 millions d’euros contre Carrefour pour publicité mensongère. Il y a quelques jours, la Direction de la concurrence a décidé d’attaquer Sofinco en justice pour publicité mensongère. Faut-il sanctionner les publicités mensongères quand elles concernent des pizzas surgelées ou des produits financiers, mais laisser toujours impunis les politiques qui profèrent des mensonges de plus en plus grossiers?

L’article L.97du code électoral punit d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 15 000 euros «ceux qui, à l’aide de fausses nouvelles ou autres manoeuvres frauduleuses, auront surpris ou détourné des suffrages». C’est bien ce que tente de faire François Fillon quand il ment sur les chiffres du chômage, quand il ment sur la réforme des retraites et quand il promet le plein emploi à plein-temps d’ici cinq ans. Le parquet de Paris vient d’être saisi d’une demande de poursuite de M. Fillon pour diffusion de fausses nouvelles en période électorale. Nous invitons tous les citoyens qui aspirent à plus de vérité dans le débat public à faire de même dans leur département. Si, ici ou là, l’action de la justice est trop lente, elle sera plus rapide ailleurs…

Sur ce point, François Fillon a raison, la France peut supporter la vérité.
 
 
 
 
May 28

on peut maintenant adhérer officiellement au MD

vous pouvez maintenant adhérer officiellement au mouvement démocrate !
 
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Thierrywrote:
bravo pour votre blog. La révolution orange est en marche. Tenez moi informé de l'évolution de votre blog
thierryb (bignou59)
June 24
Bravo pour ton blog le t 'chiti.
 
Et vive la révolution orange.
 
Ex - valenciennois domicilié en Haute Savoie
 
Le MoDem c'est l'insurrection de l'intelligence.
May 28
Aurélie Hwrote:
C'est bien mon coeur! continues! je t'aime forttttttttttttt
 
Ta petite femme
May 17
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